INTELLIGENCE ECONOMIQUE ET BENCHMARKING: CLES DE L'AMELIORATION CONTINUE POUR LES DIRECTIONS JURIDIQUES


Face à la pression croissante des directions juridiques pour démontrer leur valeur ajoutée, deux outils se révèlent particulièrement efficaces : l'intelligence économique et le benchmarking. Ces leviers permettent non seulement de positionner la performance des départements juridiques par rapport aux standards du secteur, mais aussi d'identifier les meilleures pratiques et de déceler des opportunités d'amélioration continue.


L'intelligence économique : Une veille stratégique pour la direction juridique

L'intelligence économique, souvent perçue comme une veille informationnelle, va bien au-delà de la simple collecte de données. Elle consiste en une analyse approfondie des informations pertinentes pour anticiper les tendances, comprendre les évolutions réglementaires et repérer les mouvements stratégiques des concurrents. Pour les directions juridiques, cela signifie se doter d'une capacité à surveiller non seulement les évolutions législatives, mais aussi les pratiques des autres entreprises dans leur gestion des risques juridiques, la structuration de leurs équipes, et leurs approches en matière de contentieux notamment.


Les avantages de l'intelligence économique pour une direction juridique sont multiples :

1. Anticipation des risques : En surveillant les évolutions législatives et réglementaires, la direction juridique peut anticiper les changements qui impacteront l'entreprise et ajuster ses stratégies en conséquence.

2. Identification des tendances sectorielles : L'intelligence économique permet de détecter les nouvelles pratiques et innovations adoptées par les leaders du secteur, offrant ainsi des idées pour améliorer les processus internes.

3. Amélioration de la prise de décision : Les informations collectées permettent d'éclairer les décisions stratégiques, en intégrant une perspective plus large des dynamiques du marché.


Le Benchmarking : Se comparer pour s'améliorer

Le benchmarking, ou l'analyse comparative, est une technique qui permet d'évaluer et d’étalonner les performances du département juridique par rapport à celles de ses pairs ou des meilleures pratiques du secteur. Cet exercice est très utile pour comparer le niveau de maturité du département sur différents sujets et donc identifier plus aisément les marges de progression.


Sans que cela soit exhaustif le benchmarking est particulièrement adapté pour :

1. L’analyse du budget et des dépenses : Comparer le budget et les dépenses juridiques avec celles d'autres entreprises du même secteur et surtout de même profil permet d'identifier les écarts et de cibler plus facilement les enjeux d’optimisation.

2. L’évaluation des processus : En étudiant les processus utilisés par d'autres directions juridiques pour couvrir des besoins comparables, il est possible d’identifier des pratiques plus efficaces ou plus efficientes, c’est en particulier le cas en matière d’automatisation de certaines tâches ou la mise en place de nouveaux outils de gestion.

3. La performance des prestataires externes : Le benchmarking des conditions tarifaires et des pratiques de facturation proposés par les cabinets d'avocats favorise l’amélioration de la transparence des pratiques.


Synergie entre intelligence économique et benchmarking

La combinaison de l'intelligence économique et du benchmarking crée une synergie puissante pour la direction juridique. Tandis que l'intelligence économique fournit une vision prospective et stratégique des évolutions du marché et des risques, le benchmarking offre une évaluation comparative permettant de positionner la direction juridique par rapport à ses pairs.

En conjuguant ces deux approches, les directions juridiques peuvent non seulement se situer par rapport aux standards du secteur, mais aussi anticiper les évolutions futures et s'y adapter de manière proactive. Cette démarche d'amélioration continue est indispensable pour maintenir une direction juridique agile, capable de répondre aux défis actuels et futurs tout en optimisant ses performances.


Denis SAURET - 02 septembre 2024

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